Actualité de Deleuze & Guattari

Séminaire au Collège international de Philosophie

Jérôme Rosanvallon
Actualité de Deleuze & Guattari. (IV) Anthropogenèse et histoire universelle

Inscription obligatoire au lien ci-dessous
Inscriptions
USIC, 18 rue de Varenne, 75007 Paris

Lun 24 fév, Mar 25 fév, Mer 29 avr, Mar 12 mai, Mar 2 juin, Mar 16 juin
18h30-20h30

Avec la participation de Sophie Archambault de Beaune (ArScAn) et Jean-Paul Demoule (Trajectoires)

L’actualité de la philosophie que Gilles Deleuze et Félix Guattari ont élaborée de 1972 à 1991 est plus brûlante que jamais. De la métaphysique pure à la géopolitique contemporaine, il n’est aucun domaine de réalité dont ils n’ont ressaisi ou anticipé les révolutions passées ou à venir. Mettre en lumière leur avance partout persistante est l’objet précis de ce séminaire. Après une conceptualisation de l’immanence absolue qui constitue l’enjeu fondamental de leur naturalisme, une confrontation avec la physique puis la biologie pour penser la « stratification physico-chimique » (ou cosmogenèse) et « organique » (ou biogenèse), il nous incombe pour les années à venir de déployer ce qu’ils appellent « stratification anthropomorphe » ou, au sens large incluant le processus même d’hominisation, « histoire universelle ».

Les enjeux de cette histoire universelle sont multiples :
1. lever toute distinction entre nature et culture tout en reconnaissant la spécificité de cette dernière stratification se déroulant au sein des autres strates et les remobilisant toutes (ce que tend à désigner aujourd’hui l’« anthropocène ») ;
2. prendre pour objet non une supposée nature humaine spécifique mais les flux de toute nature et leur double versant, nommé en généralisant Hjelmslev et Leroi-Gourhan,
« contenu » et « expression », « geste » et « parole », systèmes techniques et symboliques, dont l’hominisation résulte et qui définit toute société ;
3. refuser toute évolution nécessaire en reconnaissant la contingence des formations sociales particulières tout en dégageant les outils conceptuels et la logique générale permettant d’expliquer l’histoire (le déploiement de toutes les formations sociales possibles) sans se contenter d’expliquer par l’histoire (une évolution temporelle donnée).

Les deux auteurs approfondissent et dépassent ainsi le matérialisme historique de Marx et Engels en cherchant à expliquer, là comme ailleurs, les invariances provisoires (territorialisations/codages des flux produits par des « processus machiniques » plutôt que des « modes de production ») à partir d’une variation première (définissant des « seuils de déterritorialisation » multiples et divergents plutôt qu’un développement linéaire des forces productives).

Programme des séances et intervenants :
– Lundi 24 février : Mondes animaux et « stratification anthropomorphe »
– Mardi 25 février : Sophie Archambault de Beaune, université Lyon 3 et CNRS UMR 7041 ArScAn, Nanterre : L’hominisation et la genèse de la cognition humaine
– Mercredi 29 avril : Une nouvelle « histoire universelle » : enjeux et concepts
– Mardi 12 mai : Jean-Paul Demoule, Institut Universitaire de France et université Paris 1, professeur émérite : La révolution néolithique : fallait-il inventer l’agriculture ?
– Mardi 2 juin : Sociétés nomades : la « machine de guerre » et ses métamorphoses
– Mardi 16 juin : Sociétés primitives, sociétés étatiques et sociétés urbaines