Habitat du Néolithique ancien et nécropoles du Néolithique moyen I et II à Vignely, « la Porte aux Bergers », Seine-et-Marne

Mémoires de la Société préhistorique française 64
Paris, Société préhistorique française, 2018

Sous la direction de Françoise Bostyn, Yves Lanchon et Philippe Chambon

454 pages
ISBN : 2-913745-71-X
Prix : 40 € + 8 € frais de port.

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Le site de Vignely « la Porte aux Bergers » montre une pérennité d’occupation, domestique au Néolithique ancien puis funéraire à partir du Néolithique moyen. L’habitat est représenté par dix unités d’habitation dont quatre ont livré des plans de maisons trapézoïdales de type danubien, accompagnées de deux sépultures, mais les destructions anciennes ne permettent pas de connaitre l’étendue du village. Le mobilier céramique, relayé par des datations radiocarbone, permet de diviser l’occupation en quatre phases, depuis une phase ancienne rattachable au Rubané final du bassin de la Seine jusqu’à la phase finale du Blicquy-Villeneuve-Saint-Germain. Cette longue occupation, et nombre de caractères originaux dans la culture matérielle (part du silex crétacé, faible représentativité des activités artisanales dans le macro-outillage, importance des caprinés au BVSG final), lui confèrent une place particulière au sein de la basse vallée de la Marne. La nécropole, incomplète elle aussi, comprend vingt-six tombes dont vingt-deux, correspondant à trente-deux inhumés, sont attribuées au Cerny et quatre, correspondant à six individus, au Néolithique moyen II. En dépit de caractéristiques très semblables à Passy, Balloy ou Gron, l’absence de monuments démarque cet ensemble et contribue à la nécessaire déconstruction du système funéraire
Cerny : les sépultures type « Balloy » sont présentes dès le début de la culture, la structuration avec sujets prééminents est indépendante des monuments… Bien que rare le mobilier associé aux sépultures souligne encore la place du monde sauvage dans les représentations : ours, auroch, loup et cerf sont utilisés dans l’outillage ou la parure. Première d’une série de découvertes similaires, un monument allongé comprenant deux sujets a été mis au jour pour le Néolithique moyen II. Cette période a aussi livré deux sépultures comprenant des haches polies, sans doute en lien avec la minière de
Jablines « le Haut-Château ».

The site of Vignely “la Porte aux Bergers” shows a long-lived occupation, domestic in the Early Neolithic then funerary from the Middle Neolithic onwards. The settlement comprises ten house units of which four produced trapezoidal houseplans of Danubian type, accompanied by two graves, although the extent of the site is unknown due to early destruction. The pottery finds, together with radiocarbon dates, enable the occupation to be divided into four phases, from an early phase that can be assigned to final Seine basin Linear Pottery, right up to the last stage of Blicquy/Villeneuve-Saint-Germain. This long occupation and a number of original traits in the finds (high proportion of Cretaceous flint, low representation of craft activities in macrolithic tools, importance of caprines in the final BVSG) give the site a special position within the lower Marne valley. The cemetery, also incomplete, contains twenty-six graves of which twenty-two, corresponding to thirty-two individuals, are attributed to Cerny, and four, corresponding to six individuals, to Middle Neolithic II. Despite characteristics very similar to Passy, Balloy or Gron, the absence of Passy-type monuments distinguishes this group and contributes to the necessary deconstruction of the Cerny funerary system: “Balloy-type” graves are attested from the beginning of this culture and structuring with preeminent individuals is independent of monuments… Although rare, the finds associated with the graves still highlight representations of the wild world: bear, aurochs, wolf and red-deer are used for tools and ornaments. First of a series of similar discoveries, a long monument with two individuals was found for Middle Neolithic II. This period also produced two graves with polished axes, no doubt linked to the mine at Jablines “le Haut-Château”.