La maison double

La maison double
Lieux, routes et objets d’une migration rom
Norah Benarrosh-Orsoni

Collection « Europe »
Société d’ethnologie

EAN :  978236519029-9
Format : 16 x 24 cm
256 pages
Prix : 24 €

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Peut-on construire sa maison et vivre ensemble dans deux endroits à la fois ?

L’enquête de Norah Benarrosh-Orsoni nous plonge, comme dans un roman, au cœur de la vie quotidienne de familles roms installées à Montreuil. On y découvre le surprenant parcours de personnes vivant dans deux pays, que l’on suit en région parisienne, dans les villages roumains et sur les routes qui relient l’Est et l’Ouest. Ils y déploient des trésors d’imagination pour vivre ensemble malgré la distance, s’approprier différents espaces de vie, concevoir et construire peu à peu leur maison ici et là-bas.

Dans un contexte français de forte polarisation autour de politiques publiques répressives ou inclusives, cette recherche prend à rebours les approches attendues, privilégiant les parcours individuels et familiaux pour donner à voir un processus migratoire en train de s’inventer. Examinant par le menu les usages, circulations et détournements des objets au sein des espaces domestiques, l’anthropologue décrit la mise en place d’une véritable économie de prestige, dans laquelle les colis et cadeaux en direction des parents restés au village prennent une place prépondérante.

Parmi les signes de réussite matérielle, la maison, rénovée ou construite en Roumanie, fait office d’emblème. Cette maison semble devoir vivre dans un état de perpétuel inachèvement, comme pour souligner combien le projet de vie de ses propriétaires est toujours, lui aussi, en devenir.

Ces maisonnées roms, devenues transnationales, racontent l’histoire d’un double ancrage, comparable à d’autres migrations contemporaines. Le livre invite ainsi à porter un regard renouvelé sur l’un des phénomènes les plus commentés de notre époque.

Auteur

Norah Benarrosh-Orsoni, docteure en ethnologie de l’université Paris Ouest Nanterre, a exploré pour sa thèse l’expérience migratoire de Roms roumains au prisme de la culture matérielle. Elle a ensuite été post-doctorante à l’EHESS (Centre d’études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques) où elle a poursuivi ses questionnements autour de la valeur socio-culturelle des biens grâce à une enquête sur le commerce de contrebande entre Istanbul et Bucarest. Co-fondatrice de la revue Panthère Première, elle développe aujourd’hui des activités de recherche, d’enseignement et d’édition.