Langues et Langages de l’hybridité culturelle

Colloque
18-19 octobre 2019

Ce colloque se tiendra le vendredi à Nanterre, dans le Bâtiment Max Weber et le samedi à Paris, à l’Institut National d’Histoire de l’Art.

Le projet collectif Identités partagées au voisinage de l’autre a le plaisir de vous convier au colloque organisé par Philippe Jockey et Francis Prost dans le cadre des projets collectifs de l’UMR 7041 ArScAn .

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Si l’hybridité culturelle et les identités ethniques sont désormais des notions largement utilisées par les historiens et les archéologues des sociétés méditerranéennes de l’Antiquité grecque et romaine, il reste encore beaucoup à dire sur les lieux où ces transferts et ces mixités se mettent en place, se fabriquent et se définissent. Quel type de relation entretiennent transfert culturel et hybridité et dans quelle mesure ce dernier concept recouvre-t-il celui d’identités partagées ?

Pour tenter de répondre à ces questions, la tombe, l’atelier, le sanctuaire ou le marché représentent des lieux privilégiés d’observation. Ne sont-ils pas ces espaces où se joue une intense négociation entre différentes cultures, négociation que l’archéologie permet parfois de reconstituer avec précision, parfois ne repère qu’avec difficulté. Sont-ils nécessairement situés aux marges ? Les trouve-t-on au contraire au coeur des centres les plus clairement identifiés comme tels (métropoles, places commerciales internationales) ?

L’objectif de notre colloque est de définir ces lieux, d’en préciser les formes, les fréquentations, les codes et les modes de fonctionnement. Mais il vise aussi à dresser un tableau du degré d’imbrication des cultures dans ces lieux, de la cohabitation à la fusion, et donc à tenter d’évaluer la place de ces espaces dans les processus d’hybridité : qui des tombes, des ateliers, des sanctuaires, des habitats sert principalement de cadre au phénomène ? Peut-on établir une telle hiérarchie ? Faut-il au contraire s’intéresser surtout aux interactions entre chacun d’eux ? S’opèrent-elles de la même manière dans tel ou tel espace, pour telle ou telle activité ? L’archéologie a-t-elle les moyens, par-delà l’observation d’un transfert ou d’une hybridité culturelle, de reconstituer son environnement, les facteurs qui l’encouragent, ou au contraire les éléments qui constituent des obstacles à cette hybridité ?

Une telle approche, appliquée à des régions retenues pour leur fort contraste, permettra, par des cas concrets étudiés de manière pertinente par rapport à ces questionnements généraux, de cibler plusieurs types d’espaces, des pratiques différenciées, et pourtant aussi des lieux communs où les rencontres entre les acteurs de ces pratiques sont privilégiées et conditionnées. Il s’agit d’étudier en définitive le topos de l’hybridité, l’espace des convergences et des affrontements entre plusieurs cultures dans les cités de l’Antiquité.

On a choisi pour l’explorer à l’occasion de ce premier colloque le paradigme de la langue et des langages.