Paléorient 43.2

Paléorient 43.2

Volume thématique

Recherches archéologiques récentes en préhistoire et protohistoire en Syrie

Recent archaeological research in Syria (13th – 2nd mill. BC)

Date de publication : décembre 2017
ISBN-13: 978-2271118486
Format 22 x 28 cm
Pagination : 200 pages

CNRS Éditions


Sommaire

Préambule

Articles

  • Y. NISHIAKI, M. YONEDA, Y. KANJOU and T. AKAZAWA
    Natufian in the North: The Late Epipaleolithic cultural entity at Dederiyeh Cave, Northwest Syria

Abstract: This paper discusses the relationship between Late Epipaleolithic evidence recovered at Dederiyeh Cave in Northwest Syria and the Natufian cultural entity from a cultural-historical perspective. The radiocarbon dates indicate that Dederiyeh occupation dates from at least the late 15th and the 14th millennia BP, with the possibility that it encompasses even earlier or later periods. The present study identifies evidence from the Dederiyeh Cave as a northern variant of the Natufian, which displays similarities and dissimilarities with the Natufian defined in the Southern Levant. The presence of these remains far to the north since the period equivalent to the Early Natufian in the south provides a new dimension to understanding the origin and development of the Natufian entity in a larger geographic context.

Résumé : Cet article traite de la relation entre l’Épipaléolithique récent de la grotte de Dederiyeh, au nord-ouest de la Syrie, et la culture natoufienne dans une perspective historique. Les datations radiocarbone indiquent que les occupations à Dederiyeh datent d’au moins la fin du 15e et 14e millénaires BP, couvrant même éventuellement des périodes antérieures ou postérieures. L’étude présentée permet de considérer Dederiyeh comme une variante septentrionale du Natoufien, montrant des similitudes et des différences avec le Natoufien défini dans le Levant Sud. La présence de ces éléments dans l’extrémité nord de la région durant la période correspondant au Natoufien ancien dans le sud apporte des éléments nouveaux pour la discussion sur l’origine et le développement de l’entité natoufienne dans un contexte géographique plus large.

Keywords: Natufian; Late Epipaleolithic; Northern Levant; Middle Euphrates; Lunates.
Mots-clés : Natoufien ; Epipaléolithique récent ; Levant Nord ; Moyen Euphrate ; Segments.

  • B. CHAMEL, H. COQUEUGNIOT, O. DUTOUR, L. MINDAOUI and F. LE MORT
    Interpersonal violence or hunting accident among the last hunter-gatherers? A flint projectile embedded in a thoracic vertebra from the Early Neolithic site of Tell Mureybet, Syria

Abstract: The site of Tell Mureybet in Syria yielded several human remains, partly dated from the Pre-Pottery Neolithic B (8300- 8200 BC), including a skeleton from an incomplete primary burial (grave 3) excavated in 1974. The study of the bones helps us to reconstruct the plausible cause of death, a thoraco-abdominal fatal wound caused by an arrow shot in the chest. This is clearly evidenced by the presence of a flint arrowhead embedded in the 10th thoracic vertebra. The X-rays, CT-scan and 3D reconstruction of the vertebra and the arrowhead allow two hypotheses regarding this death: a hunting accident or a case of interpersonal violence.

Résumé : Le site de Tell Mureybet en Syrie a livré les restes humains de plusieurs individus datés entre autres du Néolithique précéramique B (8300-8200 BC), dont un squelette provenant d’une sépulture primaire incomplète (tombe 3) fouillée en 1974. L’étude des ossements a montré que cet individu, un adulte de sexe indéterminé, est probablement décédé des suites immédiates d’une plaie thoraco-abdominale causée par une flèche reçue dans la poitrine, attestée par une pointe de flèche en silex fichée dans la 10e vertèbre thoracique. Grâce aux radiographies, aux scanners et aux reconstitutions 3D de la vertèbre et de la flèche, deux hypothèses sont proposées, un accident de chasse et un cas de violence interpersonnelle.

Keywords: Pre-Pottery Neolithic; Near East; Tell Mureybet; Flint arrowhead; Fatal wound.
Mots-clés : Néolithique précéramique ; Proche-Orient ; Tell Mureybet ; Pointe de flèche en silex ; Blessure mortelle.

  • O. BAKER, B. CHAMEL, É. COQUEUGNIOT, R. KHAWAM, D. STORDEUR, P. PERRIN, G. PÁLFI, L. GOURICHON, H. COQUEUGNIOT, F. LE MORT and O. DUTOUR
    Prehistory of human tuberculosis: Earliest evidence from the onset of animal husbandry in the Near East

Abstract: Human tuberculosis has been considered for a long time as a model of animal infection transmitted to humans, resulting from cattle domestication at the Neolithic period. A decade ago, studies of molecular phylogeny of the Mycobacterium tuberculosis complex (MTBC) has challenged this dogma, suggesting that this human infection could be as old as the human species and emerged ca 2-3 Myrs ago. Yet, recent studies of molecular clock computations proposed that human tuberculosis could not be older than 6 kyrs BP. In order to bring new data to this debate, we studied the paleopathological evidence of tuberculosis on a large sample of two Neolithic sites from Syria in the Near East, cradle of agriculture and domestication: Dja’de el-Mughara (9310-8290 cal. BC) located in the Middle Euphrates Valley (Northern Syria) and Tell Aswad (8200-7500 cal. BC) in the Central Levant (Southern Syria). Both sites have delivered skeletal remains of more than one hundred individuals deriving from different funeral contexts. We used methods of paleopathology, microstructural analysis (μ-CT) and paleomicrobiology. The paleopathological study gave evidence to the most ancient paleopathological known cases of human TB (one adult and nine immature individuals at Dja’de el-Mughara and one adult at Tell Aswad) predating or accompanying the emergence of animal domestication. Among the eleven cases identified, five individuals from Dja’de el-Mughara have been buried in the House of the Dead, while the other individuals at both sites were found in primary, plural and mixed burials. On the basis of these results, the future challenge would be to understand the close contact between humans and animals role in the evolution of MTBC and the mechanisms of modern human tuberculosis strains emergence and spread. For this reason, the Levant is a crucial region as a key center for domestication and sedentism origins.

Résumé : La tuberculose a été considérée, pendant longtemps, comme une zoonose transmise à l’homme par des bovins, notamment lors du processus de domestication de l’aurochs au Néolithique. Des travaux de phylogénie moléculaire récents ont remis en question ce dogme, montrant que le complexe Mycobacterium tuberculosis (MTBC) a existé comme pathogène humain depuis environ trois millions d’années. Cependant, des études récentes basées sur deux horloges moléculaires différentes ont proposé que la tuberculose humaine date de moins de 6000 ans. Afin d’apporter de nouvelles données à ce débat, nous avons étudié les marqueurs paléopathologiques de la tuberculose sur des restes humains découverts dans le berceau proche-oriental de la Néolithisation, sur les sites de Dja’de el-Mughara (9310-8290 cal. BC) dans la moyenne Vallée de l’Euphrate (Syrie du Nord) et de Tell Aswad (8200-7500 cal. BC) au Levant central (Syrie du Sud). Ces deux sites ont livré chacun les restes squelettiques de plus d’une centaine d’individus qui ont fait l’objet de pratiques funéraires diverses. Les résultats obtenus par différentes approches (paléopathologie, micro-tomodensitométrie, paléomicrobiologie) confirment que ces vestiges constituent les plus anciens cas de la tuberculose humaine (un adulte et neuf immatures à Dja’de el-Mughara et un adulte à Tell Aswad) précédant et accompagnant l’émergence de la domestication des bovins au Proche- Orient. Parmi les onze cas identifiés, cinq individus ont été enterrés dans la Maison des Morts à Dja’de el-Mughara, les autres étaient inhumés dans des sépultures primaires, plurielles et mixtes. Sur la base de ces résultats, le futur défi serait de comprendre le rôle du contact étroit entre les humains et les animaux dans l’évolution du MTBC et les mécanismes d’émergence et de diffusion des souches modernes de la tuberculose humaine. Dans cette perspective, le Levant apparaît comme une région clé pendant les premières phases de la domestication animale et de la sédentarisation.

Keywords: Syria; Neolithic; Domestication; Early PPNB; Tuberculosis; Paleopathology.
Mots-clés : Syrie ; Néolithique ; Domestication ; PPNB ancien ; Tuberculose ; Paléopathologie.

  • B. TAHA, M. MOLIST and I. SIDÉRA
    Tell Halula, Syria: Pre-Pottery Neolithic, Pre-Halaf and Halaf bone objects. From technology to typology

Abstract: The exceptional bone artefact assemblage from the Neolithic site of Tell Halula (Syria)—PPNB, Pre-Halaf, and Halaf periods—comprises 670 items. The abundant data provided by the faunal remains analysis and the stratigraphic distribution of the bone items, as well as their very good conservation and diversity, permit a holistic analysis of raw material and morphologies. The ultimate goal of this research is the understanding of cultural and social dynamics that occur at Tell Halula, through evolution, cultural, and functional representations of the bone objects. The rich PPNB assemblage includes cutting tools, pointed tools, needles, tubular items and hooks: a typical equipment of the Northern Levant overall but also of the Southern Levant. With Pre-Halaf and Halaf objects, this study fills an important documentary gap in the Near East.

Résumé: L’assemblage exceptionnel d’objets en matière osseuse du site néolithique de Tell Halula en Syrie, qui couvre le PPNB, le Pré-Halaf et le Halaf, comprend 670 objets. L’abondance des données relatives aux vestiges fauniques de ce site, la distribution stratigraphique des objets en matière osseuse, leur excellent état de conservation, ainsi que la diversité morphologique et fonctionnelle des artefacts, nous ont permis d’appliquer une analyse holistique, englobant l’étude des matières premières et l’étude des morphologies. L’objectif du travail est de comprendre davantage les dynamiques culturelles et sociales à l’œuvre sur le site, au travers de l’évolution de l’assemblage osseux, des représentations culturelles et des usages des objets. L’assemblage très riche du PPNB présente des outils tranchants, des outils pointus, des objets tubulaires et des crochets, typiques du Levant nord surtout, mais également du Levant Sud. Avec des objets pré-Halaf et Halaf, cette étude comble des lacunes documentaires importantes au Proche-Orient.

Keywords: Neolithic; Bone tools; Tell Halula; Raw material; Typology.
Mots-clés : Néolithique ; Industrie osseuse ; Tell Halula ; Matière première ; Typologie.

  • G. MOUAMAR
    De nouvelles données sur les gobelets de Hama : marqueurs de la chronologie et des échanges de Syrie centrale pendant la seconde moitié du 3e millénaire avant J.-C.

Résumé : Les gobelets de Hama, ou gobelets syriens, qui sont très courants sur tous les sites de Syrie centrale, sont considérés comme des marqueurs chronologiques pour l’âge du Bronze ancien IV (ca 2500-2000 av. J.-C.). Dans cet article, nous présentons des données inédites provenant du site de Hama: il s’agit de plusieurs gobelets appartenant à la phase J. Cette étude est fondée à la fois sur une approche techno-morpho-stylistique et sur des observations microscopiques effectuées à la loupe binoculaire. L’objectif principal est de caractériser et de présenter les gobelets de Hama dans l’ordre chronologique des niveaux J8 à J1, afin de suivre leur évolution. L’ensemble des résultats montre l’existence d’au moins trois traditions céramiques distinctes, qui sont probablement le reflet de trois productions différentes. De plus, des études comparatives approfondies nous ont permis de définir certains types de gobelets comme marqueurs chronologiques pour les phases du Bronze ancien IV.

Abstract: The ‘Hama goblets’ or Syrian-type goblets, which were dominant in all the sites of Western Syria, are considered as being chronological markers of the Early Bronze Age IV period (ca 2500-2000 BC). This article provides unpublished data stemming from the Hama site: these are several goblets belonging to phase J. This study is based on a technological, morphological and stylistic analysis and on microscopic observations made with a stereo microscope. The primary aim was to describe and present the Hama goblets in the chronological order of levels J8 to J1 in order to trace their development. The results highlight the presence of at least three pottery traditions probably mirroring three distinct production centres. In addition, detailed comparative studies made it possible to define distinct goblet types as being chronological markers of the Early Bronze Age IV phases.

Mots-clés : Âge du Bronze ancien ; Hama ; Production de gobelets ; Centres de production ; Marqueurs chronologiques.
Keywords: Early Bronze Age; Hama; Goblet production; Production centres; Chronological markers.

  • T. STEIMER-HERBET et M. BESSE
    Qarassa, vestiges d’une société à mégalithes dans le Leja en Syrie du Sud, entre 3600 et 3000 avant J.-C

Résumé: Au Bronze ancien I dans le sud du Leja, les habitants de Qarassa profitèrent des coulées de basalte altérées, se délitant facilement en petits blocs ou en grandes dalles selon les zones, pour construire des maisons à double abside, des enclos pour protéger leurs ressources et des dolmens pour leurs défunts. Outre un savoir-faire architectural qui comprend la manipulation de blocs de plusieurs tonnes et l’adoption de plans pour leurs monuments intégrant des innovations, l’étude de la répartition des vestiges montre qu’ils parvinrent à structurer l’espace domestique et l’espace funéraire, lequel n’était pas seulement destiné aux morts. Bien que les recherches n’aient pu être suffisamment approfondies suite à l’interruption des travaux de terrain, le peu de mobilier découvert, les traces de destruction et de réaménagement des ensembles indiquent que l’utilisation de la nécropole s’est étendue sur plusieurs centaines d’années. Par l’élaboration de formes variées pour les tombes mégalithiques, leurs aménagements particuliers en ligne ou groupés, les habitants de Qarassa ont pu afficher leur appartenance à une famille, un clan. Cette société, dont le système économique était suffisamment développé pour produire des richesses et des structures monumentales, présente toutes les caractéristiques d’une société hiérarchisée avec des commanditaires capables de mobiliser des groupes importants de bâtisseurs.

Abstract: During the Early Bronze Age I in the Southern Leja, the inhabitants of Qarassa took advantage of the solidified basalt flows, which could be easily dismantled into small blocks or large slabs, to build a variety of structures; they included double-apse houses, enclosures to protect their resources, and dolmens for their deceased. Besides the architectural knowledge necessary to manipulate slabs of rock weighting several tons, the adoption of plans for their monuments combined with innovations, as well as the study of artefact distribution, demonstrate that the inhabitants aimed to structure both domestic and funerary spaces, the latter being surprisingly not exclusively devoted to the dead. Despite the fact that the research carried out could not be sufficiently exhaustive due to the interruption of fieldwork, the few artefacts discovered as well as the evidence of destruction and reconfiguration of the structural assemblages indicate that the necropolis was actively used over several centuries. The inhabitants of Qarassa, through the varied forms given to their megalithic tombs and their layout (in lines or groups), could demonstrate their belonging to a family or a clan. This society presents all the characteristics of a hierarchized system, with patrons able to mobilise large groups of builders, as is evident from the wealth they produced and the monumental structures they built.

Mots-clés : Dolmens ; Nécropoles ; Maisons à double abside ; Enclos ; Société hiérarchisée ; Syrie du Sud ; Bronze ancien I.
Keywords: Dolmens; Cemeteries; Double-apsed houses; Enclosures; Hierarchical society; South Syria; Early Bronze Age I.

  • M.-O. ROUSSET, B. GEYER, N. AWAD et S. SHABO
    Un réseau défensif de l’âge du Bronze moyen dans les Marges arides de Syrie du Nord

Résumé : La mission de prospection géoarchéologique des « Marges arides de Syrie du Nord » a découvert plus d’un millier de sites qui apportent un éclairage nouveau à la connaissance des régions steppiques pour toutes les périodes de l’histoire de la Syrie et du Proche-Orient. Cet article évoque la période de l’âge du Bronze moyen, qui voit une accentuation du caractère défensif des sites et, surtout, de la protection du territoire. De Salamya à Qinnasrn, des forteresses, des fortins et des tours, pour la plupart inconnus, s’organisent en un réseau de fortifications hiérarchisées qui longent le relief dominant la steppe. Cet article décrit ce réseau, présente les relevés de chaque type de construction et avance une hypothèse quant à sa fonction première: la protection des terres les plus attractives en terme de mise en valeur agricole.

Abstract : In a region of ca 7000 km2, the geoarchaeological survey, carried out by the “Arid Margins of Northern Syria” mission, discovered more than one thousand sites. They were in a rather good condition, and for some of them in an exceptional state of preservation. All placed within their environmental context, they shed new light on the knowledge of the steppe regions for all periods in the history of Syria and the Middle East. This article discusses the period of the Middle Bronze Age, which saw an accentuation of the defensive character of the sites and, above all, the protection of the useful territory.

The question of borders and, more broadly, of territorial boundaries in the ancient Orient is one of the subjects often debated and the discoveries made in the Arid Margins area have several times contributed significantly to this debate. Thus, one of the oldest boundaries marked on the ground is the “Very Long Wall” that we connect with the Early Bronze Age IV. The kind of fortification of the “Arid Margins” zone in the Middle Bronze Age has a different system of logic. At that time was set up what appears to be a genuine network, relying on a hierarchized system (in terms of distribution and dimensions) of fortresses, forts, towers and small towers. This article describes this system which has only been briefly mentioned in our previous publications. It presents the plans of each type of fortified site, specifies their mode of construction and installation, and places them in their environmental context. Since this system was mainly located within the area we were surveying, it has been possible to define on the ground its implantation modalities and morphological characteristics. The constructions are built on naturally fortified locations or more rarely on artificial embankments and are built mostly with large polygonal basalt blocks. One of the decisive criteria for their location is the visibility between establishments, which are spaced at a maximum of 20.8 km, to allow signals-based communications. According to this logic, we were able to reconstruct the extension of this network well beyond the limits of the zone we have been surveying, on a distance north-south of ca 150 km for an average depth of 30 km (but which can reach more than 70 km). This research, using satellite imagery, has allowed to discover unknown and unpublished sites, some of them reaching up to 50 ha. Finally, the geometrical characteristics of their geographical distribution, too regular to be due to chance, show that there is a unity between this network and the large contemporary cities known around the steppe: Yamhad (Aleppo), Qatna (Tall Mišrifa), Ebla (Tall Mardi), Tall al-Nirya, Tall al-kn and Tall al-r.

These largely unpublished data, connected with the context of the settlement of the margins of the steppe during the Middle Bronze Age, allow us to propose a first interpretation of the primary functions of this network. It was established for the most part at the eastern edge of fertile basaltic plateaus, making the most of the relief, decidedly turned towards the east, and its role would consist in the defense of the territory, the surveillance and protection of the axes of circulation (some of which have been stated by our study), communication (by signals), but also and above all the protection of the most attractive lands in terms of potential for settlement and agricultural development. It is at least towards these conclusions that the analysis of the geographical and material data provided by the survey of the arid margins area of Northern Syria leads.

Our research, based on the analysis of a corpus of nearly a hundred sites, shows that, from the end of the Middle Bronze Age I, a defense organization would have been set up on a regional scale and as well, most likely, the coordination of the defensive systems of several kingdoms involving an overall design, a concerted project. This structuring would have been based on the creation of new sites, fortifications at the edge of the basaltic plateaus dominating the steppe and their network of secondary installations: forts and towers, which protected the lowlands agglomerations during the Middle Bronze Age II. The findings of the “Arid Margins of Northern Syria” mission thus make it possible to reinterpret the results of the study of the neighboring regions and sites and to consider the whole from a broader and systemic point of view, thanks to a diachronic and multidisciplinary method of survey and global analysis, developed, tested and validated by our team.

The purpose of this article is to present to the specialists of this period the primary data collected during the survey of the arid margins and by the study of aerial imagery in an analysis detached from the historical considerations, but which we wanted rigorous. The description of this network is only a first step. While waiting to be able to return to the field, we leave it to the historians and archaeologists specialists of the period to deepen these lines of reflection.

Mots-clés : Géo-archéologie ; Croissant fertile ; Peuplement ; Réseau fortifié ; Yamhad ; Ebla ; Qatna ; Tunip ; Bronze moyen.
Keywords: Geo-archaeology; Fertile Crescent; Settling; Fortified network; Yamhad; Ebla; Qatna; Tunip; Middle Bronze Age.

  • A. KHAROBI and G. BUCCELLATI
    The dignity of the dead. The case of ancient Urkesh and modern Tell Mozan, Syria (2000-1600 BC)

Abstract: The site of Tell Mozan lies tucked in the northeast corner of modern day Syria, located between the Tigris and the Euphrates River, an area known as Mesopotamia. Evidence recovered inside the royal palace identified the site as the ancient city of Urkesh, an important urban centre of the ethnic group known as the Hurrians. This paper focuses on the graves of the Middle Bronze Age showing signs of bone manipulation likely linked to ritual gestures (respect for the ancestor, kispum, etc.). Our analysis, based on the taphonomy of burials, shows that re-opening of some burials occurred, which is not fully in accordance with Middle Bronze Age texts discovered in Mesopotamia.

Résumé : Le site de Tell Mozan, dans le Nord-Est de la Syrie, se trouve au sein d’un espace situé entre le Tigre et l’Euphrate, en Mésopotamie. Les observations effectuées à l’intérieur du palais royal ont permis d’identifier ce site comme la ville antique d’Urkesh, un centre urbain important d’un peuple connu sous le nom des Hourrites. Cet article met l’accent sur les tombes de l’âge du Bronze moyen, qui présentent des signes de manipulation des os, probablement liés à des gestes rituels (respect des ancêtres, kispum, etc.). Notre étude, fondée sur l’analyse taphonomique des sépultures, cependant, montre que la réouverture de certaines tombes, pour une raison ou une autre, est un acte qui n’est pas complètement en accord avec les sources textuelles contemporaines en Mésopotamie.

Keywords: Burials; Archaeothanatology; Funerary practices; Bone manipulation; Mesopotamia; Middle Bronze Age.
Mots-clés : Sépultures ; Archéothanatologie ; Pratiques funéraires ; Manipulation des ossements ; Mésopotamie ; Bronze moyen.

Recensions

HÖFLMAYER F., EICHMANN R. (eds.) 2014. Egypt and the Southern Levant in the Early Bronze Age. Rahden/Westf.: Verlag Marie Leidorf GmbH (Orient-Archäologie 31). By S. Kerner

SCHYLE D. and RICHTER J. (eds.) 2015. Pleistocene Archaeology of the Petra Area in Jordan. Rahden/Westf.: Verlag Marie Leidorf GmbH (Kölner Studien zur Prähistorischen Archäologie 5). Par S. Soriano

CLARE L. 2016. Culture Change and Continuity in the Eastern Mediterranean during Rapid Climate Change. Assessing the vulnerability of Late Neolithic communities to a ‘Little Ice Age’ in the seventh millennium cal BC. Rahden/Westf.: Verlag Marie Leidorf GmbH (Kölner Studien zur Prähistorischen Archäologie 7). Par A. Le Brun

MILEVSKI I. and LEVY T.E. (eds.) 2016. Framing Archaeology in the Near East. The Application of Social Theory to Fieldwork. Sheffield: Equinox (New Directions in Anthropological Archaeology). By S. Rosen