Perdre et/ou retrouver l’humain

Premier séminaire de l’axe « L’être humain en sciences humaines et sociales »

Coordonnateurs de l’axe « L’être humain en sciences humaines et sociales » :
Henri Desbois (Lavue), Aurélie Montagne-Bôrras (USR 3225), Albert Piette (Lesc), Frédérique Valentin (ArScAn)

3e séance
Vendredi 15 novembre 2019 à 14 h
Maison Archéologie & Ethnologie (campus de Nanterre)
Salle 1 du rez-de-jardin

Les historiens face à la question de l’humain
Hervé Inglebert (professeur d’histoire romaine à l’université Paris Nanterre, ArScAn)

Les historiens étudient toujours un segment de l’histoire humaine, et la fragmentation de leur savoir ne permet pas forcément d’en tirer des conclusions générales sur l’humain. Néanmoins, certains historiens ont produit trois types de discours, certes marginaux, qui prétendent étudier ou révéler l’humain en tant qu’humain. Le premier vise à définir la nature humaine (de Thucydide à Pascal Picq) ; le deuxième vise à décrire l’histoire de l’humanité (depuis la fin du XVIIIe siècle) ; le troisième vise à écrire la biographie de certains humains.


2e séance
Lundi 6 mai 2019 à 14 h
Maison Archéologie & Ethnologie (campus de Nanterre)
Salle 1 du rez-de-jardin

Des invariants anthropologiques pour interpréter la diffusion des techniques passées et présentes
Valentine Roux (Laboratoire Préhistoire et Technologie)

Pour interpréter des phénomènes comme la diffusion des techniques, les archéologues font appel à des référentiels construits au croisement de la psychologie expérimentale et de la sociologie. L’objectif est de comprendre comment sont générées des régularités à valeur d’invariants. Un cas d’étude sera détaillé, portant sur la diffusion du four dans le NO du Rajasthan.

L’unité de base de  l’anthropologie
Albert Piette (Université Paris Nanterre et Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative)

L’être humain est-il une constante de l’anthropologie ? Il pourrait être tenté de  répondre positivement. Cet exposé entend montrer que l’être humain n’est jamais vraiment entré en anthropologie et, en même temps, présenter quelques fondements théoriques, afin de prendre  ’être humain, en tant qu’unité empirique, pour elle-même, et non en vue de comprendre des phénomènes sociaux et culturels. Elle serait ainsi l’anthropologicalité de l’anthropologie.


1ere séance
Vendredi 15 février 2019 à 13h30
Maison Archéologie & Ethnologie (campus de Nanterre)
Salle 2 du rez-de-jardin

Retrouver des traces des perceptions et des émotions en préhistoire
Sophie A. de Beaune (Université Jean Moulin Lyon 3 et ArScAn « Ethnologique préhistorique »)

De même que les ethnologues étudiant des populations lointaines leur prêtent des intentions et des volitions en s’appuyant sur leur propre vie psychologique, les préhistoriens prêtent des aptitudes sensorielles aux hommes de la préhistoire en s’appuyant sur leurs propres sensations. J’examinerai ici le bien-fondé d’une telle démarche. À partir d’indices indirects, nous verrons qu’il est possible d’avancer l’hypothèse que la perception sensorielle des uns et des autres participe d’une commune humanité. Le préhistorien travaille sur de l’ineffable, du quasi-imperceptible. Il n’est pourtant pas illusoire de constituer un système d’hypothèses cohérent, dès lors qu’on soumet chacune de ces traces aux contrôles que permettent aujourd’hui des disciplines auxiliaires d’une haute technicité, et qu’on s’ouvre à la comparaison avec les apports des autres sciences humaines. Se fondant sur les données accessibles aujourd’hui en préhistoire et en particulier sur mes propres recherches sur les techniques préhistoriques, sans toutefois m’interdire quelques incursions dans le domaine ethnographique, je proposerai dans cet exposé des hypothèses sur les perceptions sensorielles des hommes du Paléolithique supérieur. J’en ajouterai quelques autres sur ce qu’on peut avancer concernant les émotions et les traces archéologiques qui sont susceptibles d’en témoigner.

L’espace, la vision, le temps : quelle place pour l’expérience humaine en géographie ?
Henri Desbois et Philippe Gervais-Lambony (Université Paris Nanterre et Laboratoire LAVUE)

La construction de la géographie en tant que discipline correspond en bonne part à une entreprise d’objectivation de l’espace, en particulier à travers la cartographie. Mais cette  approche tend à mettre à distance l’expérience humaine de l’espace, qui a toujours une dimension temporelle, que la vision cartographique escamote. Nos lieux vécus ne sont pas seulement situés dans l’espace mais aussi dans le temps et l’expérience commune du « déplacement » (qui ne peut se faire que dans le temps et l’espace à la fois) est la modalité géographique de la condition humaine. Elle peut être un des objets d’investigation de la géographie comme discipline si on souhaite la rattacher à la famille des humanités. Le dialogue avec les productions artistiques, notamment littéraires, est une des voies pour cette géographie recentrée sur l’humain.