Trichologie tibétaine : les cheveux et leur traitement au Tibet

Revue Ateliers d’anthropologie

Sous la direction de Françoise Robin, Nicola Schneider et Nicolas Sihlé

Ce numéro sur les cheveux et leur traitement dans l’aire culturelle tibétaine s’inscrit en dialogue avec le travail de Christian Bromberger, qui a proposé une approche analytique générale du traitement social des cheveux et poils. Éléments corporels intimement associés à la prospérité et à la vitalité de l’individu (comme le rappelle le témoignage ethnographique d’un contributeur tibétain à ce numéro), les cheveux dans le monde tibétain reflètent aussi des évolutions contemporaines, avec des ruptures dans la valorisation du cheveu long chez les laïcs, ou la possibilité de lectures politiques critiques de sa longueur. Chez les religieux, les modalités du fait capillaire sont fortement codifiées, de façon variable selon les formes de spécialisation religieuse. Le contraste est flagrant entre le clergé monastique au cheveu ras et, à l’autre extrême, les cas de pratiquantes virtuoses non monastiques, aux cheveux longs, et surtout les tantristes et leur véritable culture des cheveux longs, voire des dreadlocks. Les textes réunis dans ce numéro donnent à voir une culture trichologique particulièrement riche, qui permet de suggérer comment prolonger le travail de Bromberger dans le sens d’une anthropologie plus complète du cheveu.

Ateliers d’anthropologie, 45 [en ligne]